Puella Magi Madoka Magica

Sortez vos antidépresseurs, enfilez votre plus sombre costume et empoignez votre plus fidèle mascotte ! On va parler du monde merveilleux de Puella Magi Madoka Magica !

Si vous connaissez bien ou vous intéressez un peu à l’animation japonaise, il est un genre que vous devez sûrement connaître et que vous avez peut-être déjà connu sans le savoir, je veux parler de ce que l’on appelle le Magical Girl. Que tu sois un néophyte ou un véritable expert en la matière, pas de doutes que tu seras décontenancé par ce qui va suivre.

 

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Introspectionem

C’est en 2011 qu’est diffusé pour la première fois l’anime Puella Magi Madoka Magica, constitué de douze épisodes, réalisé par Akiyuki Shinbo connu pour Magical Girl Lyrical Nanoha, Sayonara Monsieur Désespoir et Bakemonogatari entre autres et écrit par Gen Urobuchi qui a œuvré sur des animes comme Fate/Zero et Psycho-Pass mais aussi des Light Novel comme Black Lagoon et encore Fate/Zero. La série est diffusée sur la chaîne Tokyo Broadcasting System au Japon et est disponible en streaming et achat légalement sur le site Wakanim. À l’anime s’ajoutent trois films, les deux premiers résumant la série avec quelques ajouts et plans entièrement retravaillés. Le troisième film se déroule après la série et raconte donc une histoire inédite tout de même en lien étroit avec cette dernière.

L’anime raconte l’histoire de Madoka Kaname et de son amie Sayaka Miki, celles-ci rencontrant par hasard et sauvant par la même occasion une créature à l’allure de chat inexpressif du nom de Kyubey, qui leur propose de devenir des Puella Magi(en gros des Magical Girls) en échange de voir un de leurs vœux exaucé. En devenir une les obligeant à se battre contre des créatures démoniaques appelées « sorcières », des créatures immisçant le désespoir au sein des Hommes. Cependant les deux amies vont vite découvrir que derrière le costume et les paillettes se cachent nombres de dangers et de conséquences pour le moins malheureuses. D’ailleurs, au même moment, une étrange élève est transférée dans leur école, Homura Akemi.

 

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La boule magique

Puella Magi Madoka Magica est un anime des plus surprenant, laissant le spectateur et/ou fan de Magical Girl dans le plus grand des conforts, en se présentant à l’aide de son premier épisode comme un anime des plus classiques, vu et revu dans le genre. Un premier aperçu conventionnel qui diffère néanmoins un peu du fait que le personnage principal ici hésite à conclure le pacte qui pourrait faire d’elle une Magical Girl.

Le spectateur et le fan du genre alors mis en confiance, décident de continuer l’aventure, et c’est à ce moment précis que tout va déraper. Puisque l’histoire va alors prendre un virage serré direction Dépression Land, dans le monde de Madoka le danger est réel, les ennemis sont de véritables monstres cachés sous une apparence des plus enfantines. Le spectre de la mort fait vite son entrée et planera au-dessus des personnages durant tous les épisodes de la série, une atmosphère pesante qui englobera Madoka et Sayaka découvrant au fur et à mesure l’ampleur du pétrin dans lequel elles se sont fourrées.

 

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Les miracles ne sont pas libres

Bien que l’histoire soit sombre et des plus pesantes, l’imagerie de l’anime prend aussi une tournure des plus singulières et rajoute une couche sur un tableau déjà bien noir. Car comme dit précédemment le premier épisode se veut léger et l’imagerie douce et sucrée, les couleurs sont claires et le vert de la végétation luxuriante achève d’apposer une ambiance des plus sereines.Mais une fois la chute des personnages amorcée, les couleurs se font ternes, les décors aussi à l’instar de l’école que l’on dirait entourée de verdure et auxquels succéderont des éoliennes, des usines en pagailles et des rendez-vous nocturnes en ville.

Cependant ce changement de direction n’est qu’une transition vers la véritable claque que va se prendre le spectateur: les confrontations avec les sorcières se trouvant recluses dans un espace fermé propre à chacune d’elles et que seules les Puella Magi peuvent détecter. A chaque sorcière, un style particulier et des plus surprenants ! Ici la direction artistique de la série explose, mêlant l’animation traditionnelle avec des décors et ennemis en papier mâché et à la mouvance rappelant le stop-motion, exposant des scènes sous un format minimaliste et bicolore, jouant sur le côté enfantin avec des paysages que l’on rêverait dessiner aux crayons de couleurs, tout juste sortis d’une trousse déjà bien profanée de blanco. C’est donc ce parfait mélange entre une histoire sombre et une imagerie anxiogène et bordélique qui rend l’anime si particulier et si marquant.

 

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Jeu, thèmes, moi non plus

La force de Puella Magi Madoka Magica est aussi d’aborder plusieurs thèmes, genre du Magical Girl oblige, les questionnements sur l’adolescence mais aussi le passage à l’âge adulte tiennent une place importante dans l’anime. En effet, l’histoire peut s’apparenter à un schéma initiatique à la fois pour Madoka mais aussi pour le personnage de Sayaka, toutes deux ayant le droit à une véritable introspection sur ce qu’elles sont au fond d’elles-même, ce qu’elles ressentent et veulent réellement. Cependant, dans Madoka, d’autres thèmes sont présents comme le sacrifice, l’obsession, l’homosexualité et la confusion des sentiments qui peuvent en découler à l’âge où on se cherche.

La série porte d’ailleurs une grande importance à la symbolique, grouillant de références qui tiennent en grande partie en sa direction artistique et jamais présentées clairement afin de placer un voile sur l’histoire et rendant une analyse de l’œuvre des plus difficiles. L’homosexualité citée un peu avant par exemple n’est que suggestive et jamais montrée clairement, entretenant le doute. À cela s’ajoutent des références religieuses ainsi que des questionnements philosophiques voire métaphysiques (l’entropie étant citée et expliquée lors de l’anime par un personnage des plus importants).

 

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La vie c’est comme une boîte à musique

Et le clou du spectacle n’est autre que la bande originale de la série et des films, composée par une Yuki Kajiura au sommet de son art. C’est la compositrice, entre autres, de « quelques » morceaux de Mobile suit Gundam Seed, du jeu Xenosaga II et III, Pandora Hearts et plus tard  de Sword Art Online, pour ne citer qu’eux. Elle nous gratifie, avec la bande originale de Madoka, d’une œuvre à la hauteur de son support.

C’est un véritable univers que nous créé Yuki Kajiura qui, à l’aide de tous les instruments emblématiques de la musique classique, nous ensorcelle de morceaux emblématiques: violoncelle et violons omniprésents mariant lourdeur grave pour l’un et fausse légèreté pour les autres. Elle crée encore la surprise en mêlant ce classicisme aux touches de modernité d’une guitare électrique bien lourde et tissant le parallèle avec l’histoire et l’imagerie de l’œuvre, prenant alors une direction elle aussi inattendue.

 

 

Inevitabilis (Le Cardiogramme, Partie II)

Lors de mon revisionnage (j’invente des mots) de Madoka je n’ai pu m’empêcher de la comparer à une autre série chère à mon cœur (et c’est peu dire), la bien nommée Neon Genesis Evangelion.
Pourquoi ça ? Et bien ces deux séries poursuivent un objectif commun, celui de détruire le mythe. Dans Madoka tout comme Evangelion les moments de bravoure ne sont en aucun cas le centre de l’attention, les deux séries font de l’ombre leur sujet principal. Qu’importe que trois ados se battent pour sauver le monde à bord de leurs robots géants, une fois quitté les projecteurs ils ne sont plus rien et leurs faiblesses mises à nues. Qu’importe que de jeunes filles acceptent de recevoir des pouvoirs en échange d’un vœu exaucé, se battre peut bien signifier gagner tout comme perdre et les conséquences désastreuses, elles risquent leur vie.
Dans Evangelion les « children » (ados contrôlant les Eva) n’ont pour ainsi dire pas de reconnaissance pour avoir sauver le monde, il en est de même dans Madoka où les jeunes filles sont tenues de garder secret l’existence de leurs pouvoirs et où de toute façon personne n’est jamais au courant de leurs agissements.

Neon Genesis Evangelion et Puella Magi Madoka Magica poursuivent donc le même but, déconstruire le mythe (Mecha pour Evangelion, Magical Girls pour Madoka) sur lequel leur histoire se base. Cependant là où Hideaki Anno n’arrivera malheureusement jamais ou à moitié à placer une conclusion claire à son œuvre, Akiyuki Shinbo et Gen Urobuchi préféreront établir une conclusion certes plutôt classique mais non moins intéressante. La conclusion de Madoka est le parfait négatif de celle d’Evangelion, là où cette dernière se termine plongée dans la réalité (la fin de la série, je ne prend pas en compte The End of Evangelion ici) Madoka se termine comme tout compte de fée, ancrée dans le rêve (je ne prend pas en compte non plus le troisième film mais bien de la fin de la série).

 

Puella Magi Madoka Magica fait partie de ces œuvres uniques qui, à la manière des Sirènes de la mythologie grecque, séduisent le spectateur avant de brutalement les faire chavirer sur les récifs pour mieux les dévorer. Et vous, céderez-vous aux chants de Madoka ?

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